Présentation :

« Il n’y a pas d’interdit en art (même s’il y a une morale). Il y a des œuvres fortes ou médiocres.
Filmer sa mort est une expérience dure. Le noyau dur d’une vérité. La mort à l’œuvre dans le corps, l’épreuve de la déchéance, met en danger total la sincérité. Car il faut compter avec la pudeur. On peut tout dire. Faut-il tout montrer, même la honte de la dégradation ?
Le film d’Hervé Guibert est lumineux, aérien, et c’est ce qui surprend. A-t-il filmé sa mort ou la représentation qu’il s’en fait ? L’écrivain, qui n’a rien caché par écrit de l’évolution de sa maladie, fouillant le dessous des choses et des gens est arrivé ici à l’épure. La Pudeur ou l’Impudeur n’est pas un film sur le sida, c’est le regard d’un jeune homme qui va mourir, sur le monde qui l’entoure et qu’il quitte. Un film incandescent, un temps calme, comme une retraite. Un espace. »

Catherine Humblot, « Filmer, c’est toujours vivre », Le Monde, 2 février 1992.




Hervé Guibert à propos de La Pudeur ou l’Impudeur :

« C’était mon grand rêve d’enfance, je voulais faire du cinéma avant de vouloir écrire. J’ai écrit par impossibilité ou impuissance de faire du cinéma. J’ai présenté parfois au cours des dix dernières années des scénarios à la Commission d’Avance sur recette. Je crevais d’envie de faire un film, et je n’obtenais jamais l’avance. Et le jour où je l’ai eue, j’ai eu la certitude que je ne ferais jamais de cinéma. »

« Guibert gagne », entretien avec Sophie Chérer, 7 à Paris, du 24 avril au 30 avril 1991, p.19.


« Dimanche 22 juillet, dix heures trente du matin avec le masseur, j’ai commencé la vidéo. [...] Ma nudité dans la vidéo est d’un ordre pictural et documentaire, pas exhibitionniste. »

Hervé Guibert, Le Mausolée des amants, Paris, Gallimard, 2001, p.412.