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A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie (1990)

 

Paris, Gallimard, 1990.

 

Présentation :

« Mais la force, la beauté de ce livre impitoyable se trouvent dans l’attention minutieuse que Guibert porte à la progression de son mal, noté au jour le jour et finalement accepté, aimé ; il ne voudrait pas y renoncer, si c’était possible, tant il apprécie ‘l’incroyable perspective d’intelligence qu’ouvre le sida dans ma vie’. Ailleurs, il note ‘le sida est une maladie merveilleuse’, ‘je découvrais [...] que c’était une maladie qui donnait le temps de mourir, et qui donnait à la mort de temps de vivre, le temps de découvrir le temps et de découvrir enfin la vie, c’était en quelque sorte une géniale invention moderne que nous avaient transmis ces singes verts d’Afrique’. [...] On a déjà lu des romans ou des témoignages sur cette maladie nommée pour la première fois il y a à peu près dix ans, on en lira d’autres. D’aussi cruels et poignants, avec cette méchanceté ou cette élégance qui fait rire dans les pires moments, on n’en aura pas de sitôt. »

Michel Braudeau, « Ecrire contre la mort », Le Monde, 2 mars 1990.


Hervé Guibert à propos de A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie :

« Ce livre n’est pas un testament, mais c’est un livre qui donne des clés pour comprendre ce qu’il y avait dans tous les autres livres et que parfois je ne comprenais pas moi-même. Le sida m’a permis de radicaliser un peu plus encore certains systèmes de narration, de rapport à la vérité, de mise en jeu de moi-même au-delà même de ce que je pensais possible. Je parle de la vérité dans ce qu’elle peut avoir de déformé par le travail de l’écriture. C’est pour cela que je tiens au mot roman. Mes modèles existent, mais ce sont des personnages. Je tiens à la vérité dans la mesure où elle permet de greffer des particules de fiction comme des collages de pellicule, avec l’idée que ce soit le plus transparent possible. Mais il y a aussi des grands ressorts de mensonge dans ce livre. »

« La vie sida », entretien avec Antoine de Gaudemar, Libération, 1er mars 1990.


Extrait :

« [...] la mort me semblait horriblement belle, féeriquement atroce, et puis je pris en grippe son bric-à-brac, remisai le crâne de l’étudiant en médecine, fuis les cimetières comme la peste, j’étais passé à un autre stade de l’amour de la mort, comme imprégné par elle au plus profond je n’avais plus besoin de son décorum mais d’une intimité plus grande avec elle, je continuais inlassablement de quérir son sentiment, le plus précieux et le plus haïssable d’entre tous, sa peur et sa convoitise. »

Hervé Guibert, A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Paris, Gallimard, 1990, p.150.

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