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Le Mausolée des amants (2011)

 

Paris, Gallimard, 2001 (publication posthume)

 

Présentation :

« Le Journal, fin prêt, attendait donc depuis une décennie. Aujourd'hui disponible, on découvre qu'il est la matière première des romans de Guibert. Il contient ses obsessions, ses aveux, ses angoisses. Toutefois, il n'en est pas le brouillon. Le destinant à la publication, Guibert s'est appliqué à faire entendre la même musique que dans ses partitions romanesques. Autant de cynisme, de cruauté, d'acharnement à ne rien cacher, ni de lui ni de ses contemporains. Impitoyable témoignage d'un jeune homme du siècle du sida. «Mort du sida: indication superbe d'une biographie», écrit-il avec morgue. Guibert crâne, Guibert défie, Guibert gémit, toujours Guibert écrit. Dès l'annonce de sa condamnation, il comprend que le seul traitement applicable à l'écrivain malade est d'écrire jusqu'au dernier souffle. »

Martine de Rabaudy, « Le trompe-la-mort », L’Express Livres
http://www.lexpress.fr/culture/livre/le-trompe-la-mort_817420.html

Hervé Guibert à propos du Mausolée des amants :

« Très souvent un écrit naît parce qu’il y a, à l’intérieur du journal, un thème ou un personnage qui, devenant trop insistant, déséquilibrait ou brisait cet équilibre quotidien – encore que je ne l’écrive pas chaque jour (je ne le date pas non plus). Mes parents, par exemple, est en grande partie sorti du journal ; Fou de Vincent intégralement. Le journal permet de jeter des ponts entre des univers différents : passer de mes grand-tantes à des récits érotiques. Mes livres sont des appendices et le journal, la colonne vertébrale, la chose essentielle. »

« Je disparaîtrai et je n’aurais rien caché », entretien avec François Jonquet, Globe, février 1992, p.108.


Extrait :

« Je pense toujours à la mort, mais j’ai peur de la destruction de mon corps. Sa seule imagination possible, maintenant (outre la syncope, l’arrêt du cœur), réside dans l’image d’une étreinte avec T., où je ne l’emporterais pas, mais où, en le serrant dans mes bras, je tirerais de sa cachette un revolver de derrière mon lit, et je me ferais éclater la tête. Je le prierais alors de ne pas s’effrayer des rougeoyances giclantes, et de voir ça comme une danse, une valse, le gigotement peut-être obscène que la mort imprimera à mon corps. »

Hervé Guibert, Le Mausolée des amants, Paris, Gallimard, 2001, p.148.

 

 

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