• facebook-square
  • Twitter Square

Les Chiens (1982)

 

Paris, Minuit, 1982.

 

Présentation :

« Pourquoi une telle gêne vis-à-vis des Chiens ? Sans doute, en premier lieu, à cause du caractère explicitement érotique des rapports masculins dans certaines scènes. Le plaisir sexuel est d’ailleurs évoqué avec une telle complaisance que jouissance sexuelle et plaisir narratif sont indifférenciables : ils s’imbriquent à tel point que toute distance critique s’en trouve lésée. […] La ‘pornotopie’ des Chiens serait donc doublement dangereuse : plaisir sexuel et plaisir textuel s’y ressourcent dans une dissolution d’identités et de conscience critique qui cèdent la place à la violence et à la stéréotypisation de la femme. Que ses lecteurs soient pudibonds ou politiquement corrects, on comprend la gêne de l’auteur devant un tel cocktail. »

Owen Heathcote, « Les Chiens d’Hervé Guibert : analyse d’une ‘plaquette pornographique’ », in Jean-Pierre Boulé (textes réunis et édités par), Hervé Guibert, Nottingham French Studies, Vol.34, No.1, Spring 1995, p.61.

Hervé Guibert à propos des Chiens :

« Les Chiens, un court récit avec une composante de fiction sado-masochiste, est un livre que beaucoup de gens n’ont pas supporté. A un moment, je travaillais avec Patrice Chéreau, il avait mes livres sur la table, sauf Les Chiens. J’ai dit : ‘ - Tiens, et Les Chiens ? – Oh oui, j’aime moins.’ Je sais que Margueritte Duras a haï ce livre violemment au point de faire une fixation négative sur moi. Depuis elle dit : ‘Ne me parlez pas d’Hervé Guibert, il a écrit Les Chiens.’»

« Guibert gagne », entretien avec Sophie Chérer, 7 à Paris, du 24 avril au 30 avril 1991, p.18.

Extrait :

« Le maître nous a détachés, et il nous a jeté la viande. Nous avons couru pour l’attraper et nous nous sommes pris les pieds dans nos liens. Il riait. Nous avions faim. Le morceau était magnifique : rouge, gonflé de sang, en longues fibres fuselées, il dégouttait, et il fumait aussi, il était encore tout chaud, fraîchement taillé. Il y en avait bien pour deux mais l’autre, plus rapide, moins entravé, l’a saisi au vol avant moi, et l’a bloqué entre ses pattes, s’est mis à le lécher, sans l’entamer, tout au long, en suivant le sens de la fibre, et en jappant. »

Hervé Guibert, Les Chiens, Paris, Minuit, 1982, p.32.

 

This site was designed with the
.com
website builder. Create your website today.
Start Now