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L'Incognito (1989)

 

Paris, Gallimard, 1989.

 

Présentation :

« On devrait toujours faire très attention avant d’inviter un écrivain à sa table. S’il ne part pas avec l’argenterie, il emportera bien plus précieux, bien pire, le souvenir de vos petites manies, de vos travers et le droit de déclarer que la cuisine est infecte. C’est peut-être ce qu’on pense à l’Académie de France à Rome, autrement dit la Villa Médicis, en lisant L’Incognito, d’Hervé Guibert, où l’auteur feint de parler d’une ‘Académie espagnole’, ce qui ne trompe personne. Hervé Guibert (et son double dans le roman, Hector Lenoir) y a passé deux ans, après avoir expliqué au jury de sélection, dans la Salle du Jeu de paume, qu’il voulait écrire l’histoire de sa vie. En fait, il est allé à Rome en considérant l’Académie comme ‘un asile, un sas de disparition’, en homme habitué à son malheur et l’aimant. »

Michel Braudeau, « Les cousins du désespoir », Le Monde, 6 octobre 1989.

Hervé Guibert à propos de L’Incognito :

« C’est une blague L’Incognito, un jeu de massacre, quelque chose de systématique dans sa méchanceté. Cela dit, ça relate plutôt mon arrivée, qui fut effectivement un cauchemar total. Il y a un témoignage exact de ce qu’était la villa Médicis. Elle s’est transformée depuis, heureusement pour les pensionnaires ! L’Incognito, je l’ai écrit aussi à cause des livres de Mathieu Lindon, pour lui, pour me glisser dans ses pas, pour jouer avec certaines de ses formules d’esprit, d’humour. Mais ça n’a pas marché : il n’a pas du tout aimé. Mathieu Lindon est depuis longtemps mon grand lecteur, la seule personne en qui j’ai vraiment confiance. [...] L’Incognito a été un dérapage, je ne l’ai pas tout a fait contrôlé, c’est le seul de mes livres pour lequel je n’ai pas d’affection.»

« Je disparaîtrai et je n’aurais rien caché », entretien avec François Jonquet, Globe, février 1992, p.108.

Extrait :

« De notre Académie espagnole, je ne connaissais personne, j’étais arrivé le premier, j’avais fait deux scènes au secrétaire général, et j’étais reparti le soir même sur mon île, je pris froid sur le bateau, une sale guigne d’automne. J’avais beaucoup rêvé : que toute la journée de mon arrivée, je la passerais à écrire des lettres à mes amis pour leur raconter comment c’était beau et somptueux, comme j’allais être bien ici pour travailler les deux prochaines années. J’étais venu écrire l’histoire de ma vie. Je tombais de haut : des murs avec des taches jaunes d’infiltration, le frigidaire qui puait, une misérable armoire en contre-plaqué qui ne fermait plus, une chaise défoncée avec le rotin arraché, du sous-Ikéa exténué sur lequel auraient craché les chiffonniers d’Emmaüs. »

Hervé Guibert, L’Incognito, Paris, Gallimard, 1989, p.11.

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