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Mais tous les ciels sont beaux : d'après Cytomégalovirus d'Hervé Guibert

 

Avec Vincent Dedienne
et Chawki Derbel, Alix F.Pittaluga, Lucie Donet/Judith Rutkowski.

Mise en scène : Sarah Seignobosc
Son et lumières : Vincent Monerri
Scénographie : Caroline Ronceret
Graphisme : Fabien Loïacono

Collaboration artistique : Alix F.Pittaluga
Conseils chorégraphiques : Anne-sophie Fayolle
Conseils costumes : Léa Rutkowski
Chargés de diffusion : Fanélie Jocteur-Monrozier et Tiphaine Caron

 

Production Erodium : http://www.cie-erodium.com/#!presse

 

RÉSUMÉ

 

Un écrivain, atteint du Sida, est hospitalisé pour traiter un  "cytomégalovirus", une maladie opportuniste qui affecte progressivement la vue. Son séjour durera trois semaines pendant lesquelles il tient un journal, acte littéraire ultime.


Jour après jour, il décrit son quotidien, sa vue qui se brouille, son corps qui s'épuise. Il ironise, tendre et vachard à la fois, sur son rapport avec les médecins, les aides-soignantes, les infirmières, toute cette « armée de femmes».

 

Et l’espace de la chambre d’hôpital, « cet enfer », devient un Monde pour l’écrivain, son Monde. L’extérieur n’existe plus ou sinon réduit aux seuls bruits du couloir et à cette portion de fenêtre par laquelle toutes les projections et toutes les imaginations sont possibles, jusqu'aux plus exotiques. D’autant que le médicament qu’on lui transfuse a pour effet indésirable de provoquer des « rêves anormaux ».… Jayne, l'héroïne de son dernier roman, vient lui rendre visite. Elle l'invite au voyage.

 

Joué les 10 et 11 mai 2012, à Saint-Etienne

 

C’est un conte de fée qui raconte l’histoire d’un beau prince qui va se marier avec la Mort. Il aime la vie, le corps des autres, de tous les autres, mais pas que leur corps, il aime à les aimer simplement, autant que les mots qu’il choisit, dissèque, fait tourner sept fois dans sa bouche et dans sa tête avant de les susurrer… Dans son voyage vers la Mort il rencontre des fées, bonnes et méchantes, et il aime beaucoup faire la différence ! Il a aussi des rendez-vous sous la lune avec sa muse, splendide jeune femme laiteuse.

Et depuis sa chambre d’hôpital, il se raconte des histoires, histoire de ne pas s’ennuyer, de ne pas souffrir, d’éloigner le spectre de la peur. Mais surtout, il ne s’apitoie jamais, il laisse ses parents loin de ce voyage pour ne pas les gêner, se protéger aussi de leur affection envahissante… Et comment leur raconter qu’il va se marier avec la Mort ? Ils ne comprendraient certainement pas.

Les jours coulent, pas toujours tristement, il lui arrive gronder ses fées qui n’ont aucune idée de l’éthique et qui décident de faire la grève, il lui arrive de s’effondrer au pied de son lit, alors ses fées qui ont repris le travail le relèvent, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, roses ou jaunes, dans leur tenues de papier volant, papillons de jour ou de nuit, compagne ou compagnon non choisi…

Et sa Muse revient le bercer… Et ses mots nous bercent… Ce ne sont pas des vers pourtant, c’est juste un journal égrainé doucement comme une comptine. Et on se dit : mais quel poète se cachait derrière l’élégant jeune homme au chapeau. Et il faut bien rire avec lui, avant qu’il ne s’accroupisse, dos à nous, tordu par la douleur et regardant une dernière fois la lumière.

Il a disparu.

Mais le dialogue avec lui continue longtemps après le spectacle.

Jean-Claude Berutti


Extraits du journal de Vincent Dedienne, comédien :

« Jouer Hervé Guibert dans un costume trop grand et sous un large chapeau. Au poignet, une montre si grosse que les proportions semblent pipées. Dire l’hospitalisation comme ça, assis comme un enfant dans les habits de son père, sans trop de mouvement que celui peut-être, de regarder en arrière. »

«Traverser ce journal, comme on traverse la scène ou la vie, en trébuchant, en hésitant, à petits pas et à grands cris. Emprunter le corps d'un autre, aux articulations moins solides, aux muscles plus fins. Constater sur le mien que tout érotisme s'est enfui, et courir à sa poursuite. Goûter à la beauté d'un ciel, d'une peau, rattraper le Monde au bord de l'oeil. S'approcher très près de Guibert, l'aimer, lui voler sa voix et son parfum, et puis s'en éloigner, ne garder qu'un souvenir de cette approche, comme un trace d'enfance sur une nuque ou un genou. Jouer. Avec ses mots, son mal, jouer. Le jouer. Et jouir.»

 

 

 

 

 

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