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Philippe Besson

 

Philippe Besson est né en 1967, en Charente. Il est l'auteur de plusieurs romans remarqués, dont deux ont déjà  été récompensés : En l'absence des hommes (Paris, Julliard, 2001, Prix Emmanuel-Roblès 2001) et L'arrière-saison (Paris, Julliard, 2002, Grand Prix RTL-Lire 2003). En janvier 2007 il publie Se résoudre aux adieux aux éditions Julliard.

 

 

Selon-vous, quelle importance l'oeuvre d'Hervé Guibert occupe-t-elle dans le champ littéraire (et photographique) des 30 dernières années ?

 

Il me semble que l'oeuvre d'Hervé Guibert n'occupe pas aujourd'hui la place qu'elle devrait occuper. Sans doute le temps fera-t-il son oeuvre et comprendrons-nous mieux combien ce que nous a légué Guibert est considérable. Nous sommes encore aujourd'hui dans cette période incertaine "post mortem". Il est trop tôt pour le Panthéon, trop tard pour exprimer des remords. Et puis, l'oeuvre est, hélas, occultée dans l'esprit de beaucoup par les trois livres de la fin, consacrés à la maladie. Guibert a donné ses lettres de noblesse, à un genre aujourd'hui galvaudé et déprécié : l'autofiction. Le seul sujet de ses livres, c'était lui. La seule matière de son écriture, c'était lui. Le seul moteur de l'acte d'écrire, lui encore. Mais la limpidité de sa langue et la cruauté de sa lucidité ont transformé cette vie en oeuvre d'art.

 

En quoi la lecture des textes d'Hervé Guibert, que vous citez dans certains de vos livres ou évoquez dans des entretiens ou articles, a-t-elle une influence dans votre propre travail d'écriture ?

 

Guibert a beaucoup écrit sur le corps, sur le rapport du corps à l'amour et à  la mort. De ce point de vue, son écriture m'influence. Je cherche à  comprendre ce que lui avait compris : ce qu'est un corps dans la sensualité, et ce qu'est un corps qui va devenir un cadavre. Guibert a aussi beaucoup évoqué la perte de l'être cher, la morsure du manque. C'est une thématique qui m'obsède.

 

Hervé Guibert déclarait avoir ce qu'il appelait des "frères d'écriture" dont le travail "irradiait ... comme une transfusion" ses propres textes... Le considérez-vous, à votre tour, comme "un frère d'écriture" ?

 

On ne se décrète pas des frères, à moins que l'autre ne soit d'accord. Je me sens une intimité avec lui. J'ignore s'il se serait senti une intimité avec moi. Sans doute que non. Je ne suis pas assez transgressif, je suis trop sage.

 

Philippe Besson, par email, le 9 octobre 2006.

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