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Voyage avec deux enfants (1982)

 

Paris, Minuit, 1982.

 

Présentation :

« Un an, deux ans avant l'écriture de ce livre, une femme, une amie, demandait à son auteur, alors qu'il exposait la noirceur de perspective de sa vie : "Mais qu'est-ce qui pourrait te sauver ?", il pensa : "Toucher le corps d'un enfant", cela lui vint comme ça, et la réponse lui semblait juste, il n'y avait jamais pensé auparavant. Il n'osa le dire, le soir il le nota dans son journal, et il ajouta : "Mais ce n'est que par rapport à l'horreur que m'inspire mon propre corps." Deux ans plus tard, donc, un ami lui fait la proposition d'un voyage, entre la mer et le désert, avec deux enfants. Et cette proposition n'est pas tant celle du voyage lui-même que d'un livre, inattendu, un bolide. Et ce n'est pas tant vers l'Afrique du Nord, qu'il ne connaît pas, que vers cette nouvelle contrée, l'amour et la compagnie des enfants, qu'il s'engage. Le livre se fera en deux parties : un journal prospectif, prémonitoire, qui s'approche le plus du rêve qu'il se fait du roman, et la retranscription brute du vrai séjour.
H.G. »

Les Éditions de Minuit

Hervé Guibert à propos de Voyage avec deux enfants :

« Voyage avec deux enfants est [le livre] auquel je voue le plus d'affection pour des raisons sentimentales : la naissance de l'amour pour Vincent, qui est revenu massivement dans Fou de Vincent ; c'est aussi le livre de la jeunesse, lié à des bonheurs très intenses. Un ami m'avait proposé de partir une semaine avec lui et deux enfants au Maroc. Voyage, je ne le relis pas, ce serait trop douloureux. »

« Je disparaîtrai et je n'aurais rien caché », entretien avec François Jonquet, Globe, février 1992, p.108-109.


Extrait :

« Pour la première fois j'invente, j'affabule, je ne relate pas un fait récent, un sentiment frais. Et pour la première fois aussi j'écris à l'écart de T., à son insu, presque en cachette, sans lui en rendre compte, un texte qui ne lui est pas dédié. J'échappe à la norme d'écriture qu'il a instituée, car c'était un peu lui qui réglait le débit, par phase d'abandon et de recaptivité, comme une flamme qu'on baisse ou qu'on monte à volonté. Ce que j'écrivais, jusque-là , ses tromperies l'enflammaient, ses constances le mettaient en suspens. Mais puisqu'il me prend ce soir le besoin de m'immiscer dans cette écriture émancipée, c'est qu'il reste sans doute, le personnage d'origine, le repère, la mire, la mesure. »

Hervé Guibert, Voyage avec deux enfants, Paris, Minuit, 1982, p.50-51.

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