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Lettres à Eugène. Correspondance 1977-1987 (2013)

 

Paris, Gallimard, 2013.

 

Présentation de la quatrième de couverture :

 

"En 1977, Hervé Guibert découvre le premier roman d’Eugène Savitzkaya, Mentir, et lui envoie La mort propagande qui vient de paraître. Ils échangent leurs livres pendant les années suivantes, se lisent, s’apprécient. Ils se voient rarement : l'un habite Liège, l'autre Paris.Un tournant s'opère en 1982, quand Hervé publie «Lettre à un frère d’écriture», où il déclare à Eugène : «Je t’aime à travers ce que tu écris.» Le ton a changé, Hervé, obsédé par son correspondant, lui écrit des lettres de plus en plus incandescentes. L’année 1984 verra néanmoins l'épuisement soudain de cette passion. Une profonde amitié la remplace, qui trouvera dans l'aventure de L'Autre Journal et dans la Villa Médicis, où ils seront tous deux pensionnaires, d'autres terrains d'exploration.
Ces près de quatre-vingts lettres, échangées entre 1977 et 1987, forment un témoignage d’autant plus unique qu’elles sont les seules dont Hervé Guibert ait autorisé l’édition. Point de rencontre unique entre la vie et l’écriture, entre soi et l'autre, entre réalité et fiction, leur divulgation renouvelle la lecture de l'œuvre d'Hervé Guibert."

 

 

Sur Lettres à Eugène. Correspondance 1977-1987 :

 

« Ni recueil de correspondance (à part les lettres à Eugène Savitzkaya s'il le souhaite) ni entretien », avait prévu Hervé Guibert, préparant quelques semaines avant sa mort, en 1991, la publication posthume de ses inédits. La mise à part, parmi ses écrits non publiés, de cette correspondance que les deux écrivains ont entretenue durant dix ans, de 1977 à 1987, dit son statut particulier. Qu'éclaire un texte de 1982, « Lettre à un frère d'écriture », sorte de missive publique, parue dans la revue Minuit, que Guibert adressait à Savitzkaya. « As-tu compris ce qui se passe en ce moment de mon côté ? Il me manque un interlocuteur, et je t'ai élu, peut-être à tort, comme tel... Je rêve d'une fraternité d'écriture et ce n'est même pas que cette lettre ait le vouloir de te le faire partager : je suis ton fiancé secret, ton prétendant, et qui aura du mal à se déclarer », y écrivait l'auteur de La Mort propagande.

C'est en 1977, au moment de la parution du premier récit de Savitzkaya chez Minuit, que s'est noué, de façon épistolaire d'abord, le contact entre les deux garçons de 22 ans. La suite de leur échange est d'ordre amoureux — Guibert pressant, empressé, enflammé, suppliant, Savitzkaya distant, secret, silencieux souvent. La partie engagée semble inégale, le jeu mal distribué — mais quel est-il vraiment, ce jeu ? La « Lettre à un frère d'écriture » donne ici une précieuse clé, et nous offre de comprendre combien désir, sexe et écriture ont profondément et intrinsèquement partie liée.


Nathalie Crom - Telerama n° 3304 - 11-05-2013

 

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